Samedi 16 janvier 2010
6
16
/01
/Jan
/2010
08:10
Des évolutions durables semblent se dessiner avec la confirmation de la stabilisation
de la consommation d'énergie et l'essor des énergies renouvelables. En 2010, nous devons conforter ces
évolutions collectivement et individuellement malgré les échecs à Copenhague et le fiasco de la mise en place de la taxe carbone.
En 2008, la production
primaire totale d'énergies renouvelables a progressé de 12,7 % pour atteindre un niveau jamais égalé. Cette évolution est due à l'accroissement conjugué de la production primaire électrique
(production hydraulique et éolienne) et la production primaire thermique (agro-carburants et bois-énergie). La consommation finale d'électricité progresse de façon sensible, celle de gaz naturel
est stable, celle de charbon est en net recul. Les émission de CO2 dues à l'énergie ont baissé de 1,3 %. Elles ont diminué de 3,6 % en trois ans et elles seraient légèrement inférieures à
celles de 1990 (référence à ne pas dépasser selon le protocole de Kyoto).
Avec 58,7 milliards d'euros, la facture énergétique de la France s'est envolée en 2008 puisqu'elle s'est accrue de plus de 13 milliards. Elle dépasse ainsi le
record établi en 1981 après le second choc pétrolier. Mais elle ne représente que 3 % du PIB contre 4,9 % en 1981. Les ménages français ont nettement souffert des hausses du prix de
l'énergie : 10 % pour l'énergie domestique et 12 % pour les carburants et lubrifiants en 2008. Compte tenu de la durée moyenne du travail, la facture
énergétique correspond à la production nette de la population active en sept jours de travail.
La hausse principale des cours du pétrole reste la hausse de
la consommation mondiale impulsée par la puissante croissance de la Chine et d'autres pays émergents. Les importations de pétrole brut restent assez stables et continuent à se répartir à égalité
entre 4 zones : les pays de l'ex-URSS, l'Afrique, le Moyen Orient et la Mer du Nord. Les raffineries françaises produisent trop de produits légers (essence et naphta) pour notre marché et doivent
exporter des excédents alors qu'elles ne produisent pas assez de gazole pour alimenter le marché national. La facture pétrolière est de 46,4 milliards d'euros en 2008.
Le coût du gaz naturel importé suit en général le mouvement du prix du pétrole avec un retard d'environ 6 mois. La facture gazière est de 12,4 milliards d'euros en
2008 alors que la production nationale continue de baisser. La consommation totale de gaz a progressé de + 3,6 % en 2008 tandis que la production d'électricité à partir du gaz naturel est restée
stable. La consommation de gaz des raffineries augmente régulièrement depuis plusieurs années. Dans le secteur résidentiel-tertiaire, la consommation de gaz naturel est stable. C'est l'énergie de
chauffage central de 41 % des résidences principales mais le gaz recule dans les constructions neuves. Dans l'industrie, la consommation de gaz se stabilise. Dans le secteur des transports, plus
de 2000 bus GNV sont en circulation et 750 bennes à ordures ménagères. Rhône Alpes est traversée par plusieurs réseaux de transport de gaz naturel et possède deux centres de stockage : Etrez dans
l'Ain et Tersanne dans la Drôme.
Moins médiatique que le pétrole, le charbon connait lui aussi une flambée des prix qui dure depuis 2003 et qui s'est fortement accentuée en 2008 (+ 72%) en raison
d'une forte demande chinoise de matières premières alors que la consommation française connait un niveau historiquement bas. La facture charbonnière est de 2,7 milliards en 2008. La dernière mine
française a été fermée en 2004 en Lorraine à la Houve.
L'électricité continue à être un produit
d'exportation qui a rapporté à la France 2,8 milliards d'euros en 2008. La tendance à la hausse de la consommation du résidentiel-tertiaire ne se dément pas. L'industrie et la sidérurgie
poursuivent leur tendance à la baisse tandis que dans les transports ferroviaires et urbains, la consommation d'électricité croit. La production brute d'électricité primaire est assurée à 86 %
par le nucléaire, à 13 % par l'hydraulique et à 1 % par l'éolien (en trois ans, la production d'électricité d'origine éolienne a été multipliée par 6). En Rhône Alpes, nous avons 5 sites
nucléaires : Bugey et Creys-Malville dans l'Ain, St Maurice St Alban dans l'Isère, Cruas en Ardèche et Tricastin en partie sur la Drôme. En France, 80 % de l'électricité est produite par voie
nucléaire, 16 % dans le Monde et 30 % dans l'OCDE et l'Union Européenne.
La production d'électricité renouvelable a progressé sensiblement de plus de 10 % en 2008. La part de l'hydraulique reste prépondérante avec près de 87 % de la
production électrique tandis que la part de l'éolien poursuite sa progression à 8 %, celle des déchets urbains renouvelables à 2,5 %, celle du bois-énergie à 1,8 %. Le poids du biogaz et du
solaire photovoltaïque reste inférieur à 1 %. Au niveau de la répartition de la consommation, la part du résidentiel-tertiaire (66 %) et de l'industrie (13 %) recule au profit des transports
(20,5 %) alors que l'agriculture reste marginale (0,5 %).
Voici quelques idées de bonnes résolutions pour 2010
:
- économiser de l'énergie chez
moi : baisser le chauffage quand je ne suis pas là, utiliser des lampes basse consommation, éteindre la veille
des appareils électriques
- mieux consommer
: acheter des produits locaux et de saison, privilégier l'eau du robinet, opter pour les produits alimentaires vendus en vrac,
utiliser des produits ménagers concentrés ou en éco-recharge,
- bouger plus malin
à pieds ou à vélo quand je reste près de chez moi, utiliser les transports en commun quand je vais plus loin.
- jeter moins et mieux
grâce au recyclage quotidien (papiers, verre, plastiques ...) et en allant régulièrement à la déchetterie.